Les femmes représentent 50% de la population mondiale mais seulement 15% des licenciés FFVL. Chiffre difficilement comparable avec les 50% de licenciées féminines à la FFME. Le parapente serait-il un milieu particulièrement sexiste empêchant les femmes de pratiquer sereinement ? C’est à chacun et chacune d’y réfléchir car on aurait tout à gagner à avoir plus de femmes parmi les pilotes.
C’est ce dont nous avons discuté le 19 Février dernier, lors de la soirée « Sexisme ? pas notre genre ! » en présence de Zoé Moyaux, médecin, compétitrice de marche et vol, membre de la commission féminine de la Ligue AURA.
Nous avons fonctionné sous forme de table ronde et avons commencé par définir ce qu’est le sexisme, échangé si nous en avions déjà été victime ou témoin. Nous avons insisté sur le fait qu’il s’agissait là d’exprimer un ressenti, et que deux personnes confrontées à la même situation pouvaient en éprouver un ressenti différent, en fonction de leur âge ou de leur éducation par exemple.
Le sexisme désigne une façon particulière et souvent dénigrante de se comporter avec autrui en raison de son sexe. Celle-ci est fondée sur un rapport hiérarchique institué entre les deux sexes d’où découle une différence de valeur, de statut et de dignité. Le sexisme prend ainsi diverses formes, lesquelles sont ancrées dans l’inconscient collectif, se caractérisant notamment par des plaisanteries, des remarques déplacées ou encore un langage dénigrant à l’égard d’un des deux sexes dans un cadre largement banalisé. Cette violence peut également prendre un aspect physique (coups, viols, meurtres). Quelle que soit sa forme, le sexisme vise et a pour effet de mépriser, dévaloriser, humilier et discriminer les personnes qui en sont victimes, les filles et les femmes en premier lieu.
Toutes les personnes présentes à la soirée étaient d’accord pour dire que le sexisme dans le parapente est surtout le reflet de ce qui se passe dans notre société patriarcale et inégalitaire. L’effet est décuplé dans le microcosme du parapente à cause de la surreprésentation numérique des hommes par rapport aux femmes. Une femme peut se retrouver toute seule dans la navette, seule dans un stage où tous les autres élèves sont des hommes, etc.
Plus particulièrement, le sexisme dans le parapente se traduit par :
- des comportements par excès (séduction permanente, blagues, mansplaining, avis/geste non sollicité)
- des comportements par défaut (femme invisibilisée, manque de considération, isolement des femmes)
- l’absence de visibilité (peu de visibilisation des femmes, peu de représentations (films, athlètes, monitrices…))
- des disparités concernant le matériel (petit poids, intimité au décollage, pipi…)
Il est important de lutter contre tous les comportements sexistes, même mineurs.
Le sexisme bienveillant (qui semble positif ou protecteur en surface, mais qui repose quand même sur des stéréotypes de genre et renforce les inégalités) est bien plus sournois que le sexisme hostile (ouvertement agressif ou dénigrant). Ce dernier est facilement identifiable et condamnable mais ne représente que la partie émergée de l’iceberg.
Les stéréotypes participent à l’inégalité entre les sexes <=> les inégalités nourrissent les stéréotypes. C’est un cercle vicieux.
Les féminicides ont lieu parce que nous vivons dans une société qui objectifie les femmes, tolère un langage problématique à leur égard, notamment les blagues. Lutter contre les comportements mineurs, c’est prendre le problème à la racine. Et ça commence au bar de l’atterro, dans la navette ou au déco.
Quelles actions concrètement pouvons-nous mener pour lutter contre le sexisme dans notre activité préférée ?
- communiquer avec respect et bienveillance,
- demander le consentement
- s’investir, s’engager
- se renseigner
- oser réagir
- identifier nos mécanismes
- prendre soin, porter attention
À l’échelle du club, nous avons organisé cette soirée sur le sexisme, nous allons publier un article sur notre site internet, et si l’un.e d’entre nous souhaite devenir référent.e pour le club, qu’il ou elle se fasse connaître. Si vous avez d’autres idées, n’hésitez pas à m’écrire ou à contacter directement la commission féminine.
Contacts à utiliser pour signaler des violences/comportements sexistes :
stopviolences@ffvl.fr ou signal-sports@gouv.fr et mail de la commission féminine : lauravl.feminine@gmail.com
Merci à Mathilde pour l’article.