Coupe Icare 2023 – Déguisement Le poisson volant – 2ème prix solo

L’idée m’est venue en voyant à une foire quelqu’un faire des chapeaux et des animaux en ballons, et un poisson volant n’avait pas encore été fait à ma connaissance. Après 3 ans sans faire de déguisement, et pour la 50ème, j’avais vraiment envie de m’y remettre.

J’ai utilisé les matériaux dont je me sers habituellement : La structure en tubes d’électricien solidarisés par des boulons de poêlier, la paroi en plaques fines de polystyrène pour sous-couche de parquet fixées par du scotch large ou biface et des colliers d’électricien, les ailes en polystyrène de 1 cm, pour peindre du ruban de masquage large et de la peinture acrylique qui accroche bien sur ces matériaux et pour finir de la cordelette de montagne pour les attaches. Prêt à voler le déguisement pesait 13 kg.

C’est toujours amusant d’acheter du matériel dont je vais détourner l’usage. Entre autres anecdotes, alors que je tordais un tube d’électricien pour en faire un anneau, un vendeur est venu me voir, je pensais le rassurer en disant que j’avais déformé le tube mais que bien sûr j’allais le payer, mais il m’a répondu « ce n’est pas ça, mais il va ressortir comment, le fil électrique !! ».  Je lui explique ce que je vais en faire, et aussitôt il s’est pris au jeu et nous avons choisi ensemble le matériel dont j’avais besoin. Une autre fois, j’ai acheté du tissu en skaï en demandant le poids au m², le vendeur a demandé pourquoi je voulais savoir le poids pour une nappe… Pareil, je lui explique que je cherche à limiter le poids de mon déguisement, il a pris le temps de rechercher dans ses catalogues et m’a commandé le skaï le plus léger possible. Et il y a eu bien d’autres situations cocasses.

Pour les ballons à sculpter, j’ai tout découvert, où les acheter, quelle qualité (du latex ), la pompe spéciale qui fait bien pour les gonfler, comment faire des centaines de nœuds sans se faire mal aux doigts, comment faire les ballons de la bonne longueur, comment les fixer avec du scotch biface et du scotch simple sans qu’ils éclatent, ET SURTOUT qu’ils commençaient pour certains à se dégonfler au 2° jour. On m’avait recommandé de mettre quelques gouttes d’un produit spécial dans chaque ballon pour qu’il dure plus longtemps, ça a dû aider mais pas suffisamment. Il a donc fallu recouvrir avec les ballons (environ 350) le vendredi, et remplacer les dégonflés ou éclatés samedi et dimanche matin… Pas facile et un peu galère.

J’ai passé bien 60 heures à la fabrication du déguisement, plus le temps de recherches en ligne, courses dans les magasins de bricolage, essais, choix de la musique, sans compter les heures d’aide de mon épouse, famille, amis, surtout la veille de la Coupe pour l’étape ballons.

Je fais toujours des essais des déguisements, dans le pré derrière chez moi, la pente est suffisante pour tester. Gonflage sans problème. J’ai pu décoller d’un mètre sur 30 mètres de long, ça vole, assiette à plat. MAIS pour la prise de vitesse, au moment de me pencher en avant pour charger l’aile, vu la longueur de la partie avant, ça touche. C’aurait été trop bien qu’il n’y ait aucun problème ! Avec un réglage plus cabré, je ne vois pas devant, en essayant de courir en restant droit ça ne charge pas, finalement je garde le réglage initial en créant une zone de glissement sous l’avant pour que sur la moquette, si ça touche, ça n’accroche pas. Effectivement on voit bien sur la vidéo que ça a touché plusieurs fois, c’est moins harmonieux que si le déguisement avait pu rester à plat, mais je ne regrette pas ma décision, j’ai réussi du premier coup et j’ai pu décoller en sécurité avant la fin de la moquette.

Le poisson n’était pas bien manœuvrant mais le vol a été simple malgré l’instabilité en sortie de déco, la visibilité à peine diminuée devant, sans problème en haut, sur les côtés, et vers le bas par la grande ouverture faite pour courir. En finale le taux de chute était bien augmenté (3 m/s) mais le posé s’est bien passé. Grand sourire !

Tour du public, applaudissement, photos, pliage de l’aile, et je me repose à l’ombre du poisson.

Il ne me parle pas, il me regarde de son œil globuleux, est-ce qu’il est sorti de mon imagination, ou est-que c’est lui qui m’a conduit au fur et à mesure de sa réalisation ? En tout cas on en a passé du temps ensemble, on a volé ensemble et ça s’est bien passé, pour lui comme pour moi. J’espère qu’il s’est aussi fait plaisir.

Après la remise des prix, on se quitte, je remonte et il reste là.

Deux jours après la Coupe, je viens à peine de me poser à Lumbin, et je vois le camion de la commune partir avec le poisson sur le plateau, clin d’œil du destin, je l’aurais vu partir.

Un très beau récit de Nicolas Schmidt.
Pour l’édition 2024, qui relève le défi ???

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